Pourquoi apprendre avec plaisir tout au long de sa vie rend heureux

Vous avez peut-être eu la chance d’avoir un professeur qui vous a passionné. Et que s’est-il passé ? Peut-être vous a-t-il transmis sa passion ? Ou, peut-être simplement, avez-vous eu du plaisir à l’écouter ?
Acquérir connaissances ou compétences peut rendre heureux. Comment peut-on apprendre avec plaisir ?
Voyons dans quelles conditions et comment ces nouveaux horizons fortifient la confiance et l’estime de soi.

J’aime apprendre.

Si maintenant, j’apprends par plaisir, cela n’a pas toujours été le cas.

L’école ne m’a pas donné beaucoup de motivation. J’ai appris par obligation. Je crois que j’aurais pu aimer tous les sujets. Mais ça n’a pas été le cas. Il fallait bien travailler. C’était normal de bien travaillé. Alors, je le faisais. 

Tout ce qui était facile, ou me semblait facile, je l’”avalais”, sans me poser de question. Tant que l’on a cette faculté d’apprendre sans effort, les choses se passent bien. 

Pourquoi ai-je si bien appris pendant mon enfance ? Pour le regard approbateur, bienveillant de mes professeurs, de mes parents, de ma famille. Et puis, parce que cela me faisait exister aux yeux de mes camarades comme, “le bon élève”. J’existais par mes notes, peu par moi-même.

Bien sûr, je ne m’en rendais pas compte puisque je ne connaissais rien d’autre. Et bien sûr je ne pouvais comprendre le danger de la situation. Cesser d’avoir de bonnes notes me retirerait l’identité du bon élève. Je ne serais plus la personne que les autres voyaient en moi. Je me serais trahi autant que j’aurais trahi les autres.

Plus tard, je continuai à apprendre

Cette fois-ci, c’était pour bien se classer, pour accéder aux meilleurs enseignements, écoles, avec la perspective d’un bon travail, avec un bon revenu. Apprendre était la promesse d’une vie réussie. 

Plus on avance dans les études, plus on découvre des sujets potentiellement dignes d’intérêt. Des sujets porteurs de sens, comme la philosophie, les sciences qui expliquent ou décrivent le monde plus en profondeur. Mais, pendant les années lycée,  toujours en survol. Jamais le temps de relier les choses les unes aux autres. A part peut-être deux fois : 

  • La première en 4ème, quand la thématique de l’année avait été la Renaissance. Nous l’avions étudiée dans toutes les matières (sauf les langues et le sport). En Français, la littérature, en Histoire, en Sciences (les découvertes, les scientifiques), en arts plastiques, en musique. 

C’était formidable de raccrocher le nombre d’or à l’architecture, aux sciences naturelles, à la sculpture, à la peinture… Tout ce que l’on apprenait dans une matière permettait d’expliquer une autre. Dans ces conditions, apprendre permettait de mieux comprendre.

  • Ce fut ensuite au lycée, lorsque ce que l’on étudiait en mathématique servait en physique.

Comme je suis passé à coté des mathématiques ! 

Voilà l’illustration parfaite des choses que l’on devait apprendre parce que c’était au programme. Algèbre linéaire. Ces mots étaient placées dans une grande pièce toute vide dans laquelle on entrait. Je devais trouver des solutions à des problèmes que je ne me posais pas. Sans doute pour développer mes capacités d’abstraction.

Etrangement, c’est une phrase de Lautréamont qui me mit la puce à l’oreille et donna un éclairage nouveau à cette discipline. 

Aux époques antiques et dans les temps modernes, plus d’une grande imagination humaine vit son génie, épouvantée, à la contemplation de vos figures symboliques tracées sur le papier brûlant, comme autant de signes mystérieux, vivants d’une haleine latente, que ne comprend pas le vulgaire profane et qui n’étaient que la révélation éclatante d’axiomes et d’hiéroglyphes éternels, qui ont existé avant l’univers et qui se maintiendront après lui. Elle se demande, penchée vers le précipice d’un point d’interrogation fatal, comment se fait-il que les mathématiques contiennent tant d’imposante grandeur et tant de vérité incontestable, tandis que, si elle les compare à l’homme, elle ne trouve en ce dernier que faux orgueil et mensonge.

de Lautréamont, Isidore Ducasse comte. Les Chants de Maldoror 

Pprécurseur du surréalisme, je me demandais ce qui poussait ce jeune auteur à leur rendre un hommage aussi fougueux. Je compris peu à peu en quoi les mathématiques pouvaient être belles dans leur perfection. Combien l’imagination, la créativité étaient importantes. Elles n’étaient pas que logique rationnelle, froide qui permettaient d’arriver à des conclusions contre-intuitives, déroutantes. Grâce à elles, on pouvait prédire des choses jamais observées, parce que ni nos yeux, ni nos instruments n’étaient en mesure de les atteindre.

Finalement…

Ce n’est qu’assez récemment que je réalisai qu’apprendre ne devait surtout pas être assimilé à une contrainte, ou une forme de travail. 

Je repense régulièrement à cette maman qui faisait l’école à la maison à son fils de 12 ans. Ils vivaient au Canada, et voyageaient à travers le monde 2-3 mois par an. Toute la famille s’était organisée pour suivre ce rythme. Ce jeune garçon était tellement passionné de science qu’il avait un niveau de seconde. Et lorsqu’ils étaient partis en Grèce pendant deux mois, il avait appris la mythologie et l’histoire grecque. Il en savait parfois plus que les guides… (voir article qui leur est consacré sur makemedream.com)

Aujourd’hui apprendre c’est :

  • une forme d’évasion. Comme lorsque l’on lit un roman, l’apprentissage est une aventure exploratrice. 
  • du divertissement : regarder, écouter, lire sur des sujets qui vous intéressent, de manière légère et sans but
  • l’occasion de se lancer des défis. Un peu comme un jeu. Par exemple, je me suis fixé l’objectif de parler espagnol. Tous les jours, j’étudie 10-20 minutes. A force, c’est devenu un petit rituel qui me met de bonne humeur. Il existe des applications très ludiques comme Duolingo, Mosa Lingua, Babel qui facilitent les choses.
  • l’occasion de faire soi-même : internet rend accessible la quasi totalité des connaissances contemporaines. On peut tout apprendre. Remplacer une chasse d’eau, construire une maison, cuisiner, jardiner. Compétences ou connaissances.
  • se donner la possibilité de réaliser ses rêves. Écouter les expériences des autres et se projeter
  • apprendre un nouveau métier, ou partir sur de nouvelles missions : “Je m’ennuie, je n’apprends plus rien”, combien de fois a-t-on entendu cela de quelqu’un parlant de son métier

A ce jour, apprendre, pour moi, n’a plus de connotation négative. Ce n’est plus synonyme de travail, de contrainte, d’effort. Si effort il y a, il n’y paraît plus. Il est oublié, dépassé. Au contraire, la difficulté rend l’épreuve plus savoureuse.

Apprendre avec plaisir

L’apprentissage tire ses racines dans les jeux de l’enfance. On découvre, on teste, on s’améliore, on apprend. Chaque progression est une petite victoire. Chaque instant est source d’apprentissage.

Pour un adulte aussi, mais on l’a un peu oublié…

Les occasions d’apprendre sont pourtant infinies : lecture, cinéma, internet, voyages, mais surtout activité professionnelle… et vie de tous les jours. 

Encore faut-il s’en rendre compte, 

  • lorsqu’on succombe au fameux vol de cerveau (TV, réseaux sociaux, youtube mal utilisé…)
  • quand notre organisation de vie ne nous laisse plus de temps libre 
  • et que l’on craint de modifier ses habitudes.

En conclusion, voici quelques petits trucs pour apprendre avec plaisir :

  • Se créer des occasions en sortant de sa zone de confort
  • Apprendre un peu tous les jours 
  • Se donner des défis
  • S’organiser pour avoir du temps à soi
  • Trouver les sujets qui nous intéressent pour se divertir en apprenant
  • S’endormir avec un podcast
  • Regarder films et séries, puis écouter des podcasts, lire des livres dans la langue que vous êtes en train d’apprendre sur des sujets qui vous passionnent (une pierre deux coups)

Mourir moins bête, pour être un peu plus heureux tous les jours 😉

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catégorie : trucs et astuces

Photo by Ben White on Unsplash

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2 réflexions au sujet de “Pourquoi apprendre avec plaisir tout au long de sa vie rend heureux”

  1. Cela m’a pris tu temps avant d’apprécier le fait “d’apprendre”, et j’ai l’impression qu’on a eu un peu le même problème ^^
    C’est tellement plus facile d’allumer une source de divertissement (télé, réseaux sociaux, 9gag…)…

    Mais mon dieu, une fois passé le pas, quel bonheur que d’apprendre tous les jours ! Trop souvent on assimile l’apprentissage à quelque chose de désagréable, mais c’est parce qu’on apprend jamais à apprendre…

    “Faites chaque jour quelque chose qui vous effraie” disait Eleanor Roosevelt 🙂

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